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Bitpanda : "le tournant institutionnel de la France dans les actifs numériques"
information fournie par AOF 13/03/2026 à 14:21

(AOF) - "Pendant des années, les actifs numériques ont été considérés comme une anomalie financière : innovants, volatils et largement détachés des institutions traditionnelles. Cette perception est aujourd'hui en train d'évoluer. A travers l'Europe, le secteur entre dans une phase de structuration réglementaire et d'intégration institutionnelle", souligne Mathieu Henry, responsable de Bitpanda Enterprise pour la France.

En France, cette transition ne date pas d'hier. Avec l'introduction précoce du régime PSAN, le pays a signalé que l'activité liée aux actifs numériques se développerait dans un cadre clairement supervisé, intégrant l'innovation dans des frontières réglementaires établies plutôt que de permettre une expansion non contrôlée. Cette décision apparaît aujourd'hui stratégique.

"L'intégration, plutôt que la disruption, devient le principe directeur"

Alors que l'Union européenne met en œuvre MiCA, la France entre dans cette nouvelle phase non pas comme un marché expérimental précoce, mais comme un marché habitué à fonctionner dans le cadre de normes réglementaires clairement définies. Pour les institutions, cette continuité est essentielle. La sécurité juridique et la clarté de la supervision réduisent les hésitations et permettent une planification à long terme.

La transformation réelle en cours n'est pas spéculative. Elle est infrastructurelle.

"Les banques, les sociétés de gestion et les intermédiaires financiers ne se demandent plus si les actifs numériques sont " légitimes ". Ils évaluent désormais comment ces actifs peuvent être intégrés dans les architectures de produits existantes, les cadres de gestion des risques et les parcours clients. L'intégration, plutôt que la disruption, devient le principe directeur", fait savoir Mathieu Henry.

Cette évolution nécessite plus qu'un simple accès au marché. Elle exige des infrastructures robustes capables d'aligner les capacités des actifs numériques avec les exigences de la finance traditionnelle : notamment la conservation des actifs, la gestion de la liquidité, les standards de reporting et la résilience opérationnelle. A travers le marché, la demande pour des cadres technologiques intégrés permettant aux institutions d'offrir une exposition aux actifs numériques au sein de leurs structures réglementaires et opérationnelles existantes est en forte croissance.

Les stablecoins illustrent particulièrement bien cette dynamique. Dans un contexte régulé, ils sont moins un instrument spéculatif qu'un potentiel levier d'amélioration de l'efficacité des paiements et des processus de règlement. Pour les institutions françaises, les questions pertinentes sont avant tout pratiques : comment ces instruments sont supervisés, comment les réserves sont structurées, et comment l'interopérabilité avec les systèmes existants est assurée. Leur valeur ne réside pas dans leur nouveauté, mais dans leur fiabilité opérationnelle.

L'écosystème financier français se caractérise par de grandes banques universelles, une industrie de la gestion d'actifs solide et une tradition d'engagement réglementaire. Cette structure favorise naturellement une intégration progressive plutôt qu'une transformation brutale. "Les actifs numériques ont donc davantage vocation à évoluer comme une couche supplémentaire au sein de l'architecture financière existante, plutôt que comme un système parallèle en concurrence avec elle", affirme Mathieu Henry.

"Ce modèle pourrait à terme se révéler plus durable. Les marchés qui combinent innovation et discipline institutionnelle sont mieux positionnés pour attirer des capitaux de long terme et une participation professionnelle. Dans ce sens, l'approche mesurée de la France pourrait constituer un avantage compétitif dans le paysage européen plus large", poursuit-il.

Le prochain chapitre des actifs numériques en France ne sera pas défini par la volatilité ou par une expansion rapide. Il sera défini par la capacité des institutions à intégrer efficacement ces nouvelles technologies dans leurs structures de gouvernance existantes, tout en maintenant les standards de prudence et de stabilité qui fondent la confiance dans le système financier français.

"La véritable mesure du succès ne sera pas l'enthousiasme du marché, mais la confiance institutionnelle. En France, cette confiance se construira par l'infrastructure, la supervision et une intégration disciplinée", conclut Mathieu Henry.

1 commentaire

  • 13 mars 14:53

    Freiner l'innovation et les les nouveaux procédés disruptifs, en légiférant, serait donc plus productif... j'ai un doute


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